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Lan Chi et son atelier de thé

Le thé est un aspect intangible de la culture vietnamienne. On peut croiser du thé glacé un peu partout au Vietnam. En revanche, peu de salons de thé existent dans le pays. Même s’il y en a, il s’agit plutôt des adresses qui mettent en avant le thé d’origine étrangère. C’est dans ce contexte que TTB TRAVEL est partie à la recherche d’un contact capable de rendre justice à la vraie tradition du thé vietnamien. Nous avons réussi à dénicher une telle perle rare : Lan Chi, experte du thé vietnamien.

Lan Chi est hanoïenne de souche depuis six générations. Son enfance fut bercée par le thé vert, car cette boisson fait partie du quotidien de sa famille. Ayant grandi dans une classe intellectuelle, elle a remarqué un défi de la tradition du thé vietnamien face à la modernité. Les produits industriels sont présents partout, alors que peu de Vietnamiens savent ce qu’est la vraie culture du thé du pays. Très ennuyée, elle a décidé de lâcher un poste prometteur dans la chaîne de média VTV pour se lancer dans l’entrepreneuriat. Lan Chi a rejoint un projet initié par le co-fondateur Ngoc Tuan en 2003. Le but du projet consiste à redonner la lettre de noblesse au thé vietnamien qui est trop souvent négligé sur la scène internationale. Les deux sont très jaloux contre l’Inde et le Japon qui ont introduit le thé beaucoup plus tard que le Vietnam.

Le début de l’entrepreneuriat a rencontré plein de difficultés. D’abord, il a fallu étudier à fond pour identifier les fondements identitaires du thé vietnamien. Lan Chi a sollicité de l’aide de plusieurs historiens chevronnés pour retrouver des racines dans la tradition du thé vietnamien. Par la suite, Lan Chi a sillonné tout le Vietnam pour trouver des familles de thé emblématiques du pays. Et enfin, la question du débouché s’est posée rapidement.

La quasi-totalité des Vietnamiens a des préjugés vis-à-vis du thé : amer et vieillot. Par manque de connaissance, la population manque de fierté par rapport au thé vietnamien, considéré souvent bas de gamme. Or, la culture du thé que Lan Chi souhaite véhiculer est beaucoup plus « intello » que la moyenne nationale. Que faire? Forte de ses compétences en gestion de marque, Lan Chi a décidé de commencer par le haut. Concrètement, il faut constituer un noyau d’ambassadeurs de marque qui ont un pouvoir d’influence sur l’ensemble de la population. Il y en a deux : soit des Vietnamiens haut placés, soit les réseaux d’affaires prestigieux. Lan Chi est déterminée à percer le milieu élitiste du Vietnam pour glisser son thé : organismes gouvernementaux et ministériels et associations de PME.

Après 7 ans de persévérance, Lan Chi a connu les premiers succès notables. En 2010, son entreprise fut choisie par le Premier Ministre comme fournisseur exclusif de cadeau gouvernemental lors des visites diplomatiques à l’étranger. La collaboration entre TTB TRAVEL et Lan Chi date de 2017. L’origine de ce partenariat vient d’une vision commune : préserver et promouvoir la tradition du thé vietnamien au niveau culturel.

L’approche de cet atelier de thé se veut ludique, pédagogique et facile d’accès à tous. Son but est de faire comprendre la culture vietnamienne à travers le thé. Le point d’ancrage est sur comment le thé apporte à la fabrication de l’identité culturelle du Vietnam. Dans cette optique, Lan Chi cherche à expliquer en quoi la culture du thé du Vietnam se différencie de la Chine et du Japon.

A LIRE : introduction à la culture du thé vietnamien

Il y a quand même des nuances très subtiles entre les trois cultures. À travers une séance de 2 heures, Lan Chi voulait également faire changer les idées préconçues sur le thé. Il s’avère que trois perceptions demeurent chez les gens : le thé est pour les vieux, son goût est trop amer, ça empêche de dormir. Il suffit de déguster ses trois catégories de thé pour se rendre compte que c’est complètement faux !

D’abord, le thé n’est pas que pour les vieux. C’est une boisson classique comme les autres et c’est réservé à tout le monde. En outre, si on regarde l’histoire du thé vietnamien, il est facile de constater que le thé fait partie intégrale de la société vietnamienne dont le socle s’appuie sur la culture villageoise. Selon Lan Chi, l’identité du Vietnam se forge autour de la riziculture inondée. La vaste majorité de la population vietnamienne évolue à partir de l’agriculture. Le thé est intrinsèquement lié à leur quotidien, que ce soit le travail dans les champs ou le bavardage en fin d’après-midi, ou lors d’une cérémonie de fiançailles. Le thé accompagne les Vietnamiens, depuis la naissance jusqu’à la mort.

L’amertume n’est pas une caractéristique innée du thé. Peut-être, le thé noir est tellement consommé en Occident que cette perception est enracinée dans l’esprit. Tout dépend du niveau d’oxydation et de la catégorie du thé. Lan Chi nous explique qu’il y a plusieurs familles du thé en fonction de la méthode de transformation des feuilles. Le phénomène de l’oxydation provoque le changement de l’état naturel des feuilles. Ainsi, nous obtenons du thé blanc, thé vert, thé jaune, thé noir, thé Wulong, thé Pu Er. Plus les feuilles sont oxydées, plus c’est amer. Donc, la logique veut que le thé noir soit le plus amer. Par contre, les Wulongs sont plus fruités, boisés et sucrés, du fait du taux d’oxydation beaucoup plus bas (entre 10% et 30%).

Grâce à la recherche récente sur les vertus du thé, on sait que cette plante apporte plusieurs effets bénéfiques qui vont au-delà d’une simple fonction anti-sommeil. En Occident, le thé se limite souvent à la production de boisson. C’est pourquoi les gens ne sont pas au courant de l’existence d’autres bienfaits. Au Vietnam, le thé est utilisé pour de différents propos, y compris dans la médecine. Cette tradition remonte au 10e siècle déjà. Les gens de l’époque n’avaient pas de dentifrice comme nous. Du coup, le thé servait de produit de soin pour garder des dents saines et l’haleine fraîche. En fonction des techniques de fabrication, les experts de thé peuvent intégrer d’autres composantes afin de diversifier des vertus médicinales du thé. Chez Lan Chi, on a du thé pour l’hypertension, du thé pour les calculs rénaux. Encore une fois, en tant que plante, le thé se situe plutôt dans la médecine alternative dont le but ultime est la prévention.

Dans une ambiance très chaleureuse, la visite de l’atelier de thé de Lan Chi est un véritable voyage dans l’espace. Les trois familles de thé qu’elle nous présente correspondent aux trois régions de production principales du pays : les confins reculés dans l’extrême Nord, la plaine du Nord et les plateaux du Sud. Ce sont également les trois régions où Lan Chi a pris des mois à chercher des fournisseurs fiables pour sélectionner du thé premium du pays.

L’intérêt de l’atelier est de comprendre concrètement en quoi le thé vietnamien se distingue des voisins chinois et japonais. Le thé chinois est caractérisé par la sophistication artistique. Les gestes ultra compliqués visent à impressionner les spectateurs. Par rapport à ça, le thé vietnamien vise plutôt la simplicité minimale dans la forme. Le thé japonais est profondément influencé par le principe bouddhiste Zen. Teinté de méditation, le thé nippon est très rigoureux et son cadre est souvent situé dans un endroit clos et ultra calme. Par rapport à ça, le thé vietnamien est le contraire. Pour les Vietnamiens, le thé est un espace ouvert où la convivialité sociale est de mise. Tout le mode est là pour parler de l’actualité, de partager des moments décontractés. L’origine de ce trait culturel vient du fait que les Vietnamiens ont grandi dans la culture villageoise où tout le monde se côtoie autour du thé.

Dans la culture du thé vietnamien, la convivialité se traduit par une panoplie de franchises qui accompagne le thé. Pendant l’atelier, vous aurez l’occasion de goûter de nombreuses sucreries qui mettent à l’honneur la campagne vietnamienne : sésame, graines de tournesol, cốm (riz gluant parfumé), bánh đậu xanh (gâteau de fève d’haricot)

Au fur et à mesure, Lan Chi nous explique en détail les éléments clés qui contribuent à la réussite d’une consommation de thé. Chez les Vietnamiens, il y a quatre conditions fondamentales : l’eau, le thé, les accessoires, et les compagnons.

Lan Chi et son atelier de thé
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