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Balade insolite Hanoi avec Hung

Avec l’Internet, il est facile de faire le tour des sites incontournables d’Hanoï. Tous les routards aguerris sont capables de le faire. Toutefois, n’oublions pas que l’âme de la ville n’est jamais visible à travers des sites touristiques. Ainsi, tout ce que ces routards voient n’est qu’une façade artificielle de la ville. Pour se plonger vraiment dans son ADN, TTB TRAVEL vous propose de faire la chose autrement. On vous invite à faire une balade en side-car avec Hung et son équipe, à travers des quartiers résidentiels. Vous allez (re)découvrir Hanoï avec de nouveaux yeux. On vous raconte plein d’anecdotes croustillantes que même les Hanoïens ne connaissent pas forcément. Avec le side-car, vous vous rendrez compte qu’il n’est pas forcément nécessaire de s’aventurer dans les régions lointaines pour avoir une sensation de « hors des sentiers battus». En plein cœur d’une ville de 8 millions d’habitants, il y a encore plein d’endroits cachés où la vraie âme citadine se dévoile devant vous. Le partenariat entre TTB TRAVEL et Hung date de 2016. Nous allons voir comment Hung a eu l’idée de redonner la vie à un vieux véhicule et s’est lancé dans une aventure entrepreneuriale.

Les side-cars soviétiques furent introduits au Vietnam dans les années 1970. L’Union soviétique était à son apogée économique. Ce grand frère communiste a beaucoup contribué à la formation des officiers vietnamiens, y compris la police et l’armée. Dans le but de moderniser les  équipes de patrouille, le Vietnam a importé quelque 10,000 side-cars. Ayant grandi dans une famille de gendarmes, Hung a passé toute son enfance à vadrouiller en ville derrière le side-car de son père. Il est très attaché au son distinctif des engins d’origine russe. Hélas ! Le bonheur était de courte durée, car l’importation de side-car fut stoppée suite à l’effondrement du bloc soviétique en 1991. Peu de temps après, le Vietnam a rouvert ses frontières au commerce international. Les side-cars ont perdu la raison d’être et cédé la place aux scooters japonais plus modernes. La plupart des side-cars furent envoyés à la ferraille. Le père de Hung a pu planquer un véhicule dans le garage de la maison. Hung a largement bénéficié du savoir-faire technique de son père, car ce dernier est à la fois gendarme et mécano.

L’usage des mobylettes s’est démocratisé à la fin des années 1990. Pendant ce temps, Hung sortait de temps en temps avec son side-car. Pour lui, c’était une vraie passion en parallèle de son boulot en tant que journaliste. Au sein de son réseau social, il a formé une bande d’amateurs de side-car. Lors des week-ends, le groupe de copains s’est donné rendez-vous au lac de l’Ouest comme point de départ pour faire des excursions à la campagne hanoïenne. Pour ces hommes, tous quadragénaires, une balade en side-car est comme une évasion temporelle pour retrouver l’âge d’or nostalgique de ce véhicule des années 1980. Hung s’est bien éclaté avec ses potes. À chaque fois qu’ils sortent avec le véhicule, les gens les prennent pour une brigade de flics ! En effet, dans l’esprit des Vietnamiens, l’image du side-car est synonyme de la patrouille policière.

A LIRE : l’histoire du side-car au Vietnam

Collectionner un side-car est une passion coûteuse, étant donné que les vieilles pièces d’origine ne sont plus fabriquées. Pour trouver une source d’approvisionnement, Hung a dû faire appel aux membres de sa famille qui sont dispersés en Allemagne et en Europe de l’Est. Grâce à eux, il a repéré plusieurs marchés aux puces où on peut dénicher des bidules. Pour faire entrer tout ça au Vietnam, il faut un atelier quelque part. Avec les copains, Hung a ouvert un garage improvisé dans le but de réparer et stationner les side-cars.

A la fin des années 2000, il y a eu un engouement pour le vieux side-car. Une partie de la classe moyenne tourne le dos à la futilité de la consommation à outrance et revient à l’ancienne. La nostalgie de « l’enfance communiste » est comme un virus qui se progage au sein d’une génération citadine. Le nombre de collectionneurs de véhicule vintage a considérablement augmenté.

Pour fédérer tous ces gens autour d’une passion commune, Hung a décidé de créer une association dont il est président. Comme Hung, tous les 30 membres de l’association possèdent un side-car. Ce sont les citadins qui ont très bien réussi dans leur vie avec des professions diverses : architecte, avocat, hommes d’affaires, médecin, peintre, etc. Pour eux, le side-car offre plus une valeur historique et affinitaire que financière. Et pour ça, il n’y a pas de prix.

Au lieu de faire de simples excursions à la campagne, le club organise également des « roadtrips » dans les contrées lointaines. Les activités de l’association ont connu un franc succès. Selon Hung, au fond de chacun de nous, il y a un instinct sauvage. Le side-car nous aide à le libérer. Quand on s’assoit là-dedans, il y a des sensations fortes, à l’instar des easyriders sur la mythique route 66 aux État-Unis. Ça vous rappelle de la chanson Born to by Wild ?

Les sorties insolites du club ont fait des échos dans la capitale. Les habitants sont au courant de l’existence de la « bande des flics avec leur machin des années 1980 ». Hung et ses potes sont hyper sollicités, non seulement pour louer les side-cars, mais aussi pour la capacité à les réparer.

On lui fait appel pour les  événements sportifs, cérémonies de mariage, tournage de films d’action, etc. Le volume du travail prend tellement d’ampleur que Hung ne peut plus concilier la passion et le boulot. Sans hésitation, Hung a lâché le métier de journaliste. « Dans ce milieu truffé de manipulation politique, j’ai pété les plombs», confie-t-il.

A partir de 2008, être garagiste est son activité principale. Il passe la moitié de son temps à remettre en état des vieux side-cars. L’autre moitié est consacrée à l’événementiel. Au fil du temps, Hung élargit sa gamme de véhicules en intégrant les jeeps vintage.

Jusqu’en 2015, Hung n’a jamais eu l’idée d’utiliser ses véhicules vintage à des fins touristiques. Son véhicule était plutôt destiné à l’usage interne, c’est-à-dire pour les membres de l’association ou pour les Vietnamiens. TTB TRAVEL a rencontré Hung lors d’un repérage dans la Province Ha Giang en 2015. Peu de temps après, nous avons lancé ensemble un projet mettant en avant le prestige du side-car et l’âme authentique de la capitale. TTB TRAVEL propose souvent cette activité lors du premier jour du circuit et dans l’après-midi. L’itinéraire est fruit d’une longue recherche documentaire permettant d’élaborer une thématique cohérente. Comme le side-car interpelle la nostalgie, le parcours de trois heures passe par des endroits qui rappellent le passé. C’est un voyage à travers de différentes époques historiques de la capitale.

On commence par l’Opéra qui est l’icône de l’urbanisme hanoïen au temps de la colonisation française. Donc, c’est Hanoï coloniale

              A LIRE : Opéra d’Hanoi, un joyau de l’architecture française

Puis, on traverse le Fleuve Rouge en empruntant deux ponts historiques de la ville : Long Bien et Chuong Duong. Sur le pont Long Bien, on s’arrête pour avoir une vue magnifique sur les cultures vivrières.

Le pont Long Bien est un trait d’union entre l’époque coloniale et la guerre américaine des années 1960. C’est sur le pont Long Bien que l’armée vietnamienne installa des mitrailleuses antiaériennes pour se battre contre les bombardements américains en 1972. C’est Hanoï d’une résilience héroïque contre le pays de l’oncle Sam

Ensuite, on longe le boulevard Yen Phu qui était une ancienne digue protégeant la citadelle royale d’autrefois. Vous pouvez contempler les mosaïques de céramique qui furent créées par de nombreux artistes réputés lors du 1000e anniversaire d’Hanoï

Le side-car bifurque sur une partie du lac de l’Ouest, majestueux à toutes les saisons, mais plus particulièrement en été car ses eaux reflètent le mauve des lilas d’Inde et le rouge éclatant des flamboyants. Chaque jour, de l’aube au crépuscule, les Hanoïens se promènent sur ses rives pour respirer l’air pur ou pour faire un peu de gymnastique avant de rentrer chez eux.

Puis, on passe par le marché d’horticulture de Chợ Bưởi qui reflète un art de vivre très hanoïen. Les locaux y vont pour acheter des plantes d’agrément ou des fleurs en accord avec le principe de feng-shui.

Le terminus du parcours se trouve au fond d’une ruelle serpentée. Naguère, c’était un village d’horticulture qui fournissait des fleurs et plantes pour le marché Chợ Bưởi. Avec un urbanisme accéléré, le village fut annexé à la ville et remplacé rapidement par des immeubles résidentiels. Vous aurez du mal à croire que l’endroit était entièrement couvert de vergers à la fin des années 1980. C’est aussi ici que l’on déniche un autre truc inédit : les carcasses du bombardier B52 qui fut abattu en 1972. Les engins sont encore visibles au milieu du lac Huu Tiep.

La promenade en side-car se termine souvent vers 17h. Pour continuer l’aventure immersive de la capitale, TTB TRAVEL propose une extension de dîner typique dans une brasserie locale. Il s’agit de prendre un apéritif bien garni dans une échoppe fréquentée par les Hanoïens.

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