Agriculture urbaine à Hanoi

agriculture urbaine Hanoi

agriculture urbaine Hanoi

L’agriculture urbaine à Hanoi n’est pas un concept nouveau. Et pourtant, il a fallu que j’aie passé 8 ans en France puis vadrouillé partout en Europe pour découvrir un truc qui est la vieille tradition dans ma ville natale. C’est incroyable! En 2008, j’ai appris que l’agriculture urbaine avait le vent en poupe dans plusieurs métropoles comme Paris, New York, Londres, Sydney, Montréal. Dans une société de plus en plus stressante, il s’avère que les citadins occidentaux cherchent du sens dans leur quotidien. Par rapport à ce modèle occidental, l’agriculture urbaine à Hanoi est un peu différente. Au-delà de la recherche du bien-être, elle reflète la tradition culinaire du Nord Vietnam. En effet, cette partie du pays est connue pour une cuisine saine basée sur une forte présence de légumes. La consommation de légumes du pays s’est accentuée à la fin de la société de subvention des années 1980. La situation financière des citadins s’est beaucoup améliorée, ce qui leur permettait d’acheter des produits frais. Pour répondre à ce besoin accru, un réseau de culture de légumes s’est développé autour d’Hanoi et l’ȋlot du Fleuve Rouge en fait partie. Mais où se trouve cet ȋlot? Facile! Il est juste au pied du pont Long Bien, à deux pas du Vieux Quartier.

Rencontre humaine à travers l’agriculture urbaine

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En plein coeur d’Hanoi effervescente, subsiste une bande de terre au charme bucolique souvent oubliée. C’est bien ici qu’Hanoi dévoile sa vie fluviale authentique et son origine agricole. Naguère, c’était encore une terre sauvage voire abandonnée suite à une inondation historique en 1971. Au fil du temps, grâce à la persévérance des habitants, le territoire fut aménagé à la fin des années 1980 pour mettre en place la culture vivrière. L’agriculture urbaine à Hanoi est née officiellement à cette époque et l’ȋlot du Fleuve Rouve est devenu un havre de paix teinté d’une touche de campagne.

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Oui la campagne en plein coeur d’une ville, ça existe. Mieux encore, c’est un endroit agricole où vous pouvez assister les agriculteurs locaux dans leur travail quotidien et découvrir les techniques de base. Au-delà de l’effort physique, ce sont des rencontres humaines qui marquent le point fort de cet ȋlot, le temps d’une balade à vélo ou à pied.

Une histoire agricole en plein coeur de la capitale

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Un bon nombre d’habitants sur l’ȋlot sont originaires des provinces limitrophes. Attirés par la fertilité de la terre, ils sont venus labourer les champs. Grâce à une productivité extraordinaire, certains ont pu acheter une maison dans la capitale pour y vivre en permanence.  Depuis une dizaine d’années, certains agriculteurs sont partis à la retraite mais n’ont trouvé personne dans la famille pour reprendre les affaires. Du coup, ils ont revendu leur terre aux autres fermiers toujours originaires des provinces limitrophes.

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Les activités agricoles sur l’ȋlot vivent au rythme du cycle des inondations. C’est-à-dire la montée des eaux entre mai et aoȗt, puis les eaux basses entre octobre et février.  A chaque fois que les inondations s’approchent, c’est un véritable casse-tête pour tout le monde. On se souvient encore de l’inondation exceptionnelle en 2008. Cette année-là, la totalité des terres arables sur l’ȋlot fut trempée dans l’eau. Les agriculteurs ont perdu toute leur récolte et leur économie fut gravement endommagée.  Comme quoi, le changement climatique touche aussi le Vietnam. Du fait de cette instabilité climatique, les agriculteurs n’osent pas mettre en place une maison en dur. A la place, ce sont des cabanes rustiques en chaume. Mais c’est cet élément qui ajoute le charme bucolique à l’endroit.

Agriculture urbaine pour se reconnecter au plaisir sain de la table

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Aujourd’hui, l’ȋlot compte environ une centaine d’agriculteurs. Ils seront tous ravis de vous recevoir au sein de leur ferme et vous apprendre à cultiver les légumes. Le Nord Vietnam a quatre saisons différentes donc ce climat offre une bonne diversité de fruits et de légumes. Le plus souvent, on cultive des liserons d’eau, du maïs, des haricots verts, du cresson, des choux, des pommes de terre, des bananiers et des papayers. Au Vietnam, les bananiers et les papayes vertes sont considérés comme légumes. On s’en sert pour faire de la salade ou assaisonner des mets.  Chapeau conique, bottes en caoutchouc et salopette en cotton et vous êtes équipés pour partir au travail. Entre piquage d’haricots verts, arrosage des parcelles, tri de cacahuètes, tout ça vous permettra de voir sur le terrain la réalité de l’agriculture urbaine.

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Construites pour les propos pragmatiques, les cabanes servent d’abri et se situent systématiquement à côté des champs.  Ainsi après une session de travail, les voyageurs peuvent se reposer à l’ombre, déguster du thé glacé et déguster de délicieux plats à partir des ingrédients végétaliens biologiques. On peut goȗter des échantillons de plats comme papates douces grillées, liserons d’eau sautés, etc. Bref un apéro mérité après une heure de travail acharné dans les champs.

Les produits agricoles sont vendus d’abord au marché grossiste de légumes de Long Bien tout proche. Vous pouvez vous plonger dans une atmosphère animée de ce marché lors d’une balade matinale à Hanoi. Puis c’est le tour des détaillants de dispatcher des légumes dans tous les marchés de proximité à Hanoi. C’est pourquoi vous croisez de temps en temps les vendeuses ambulantes se faufiler à travers les ruelles, sur leur vélo chargé de légumes frais.  Voilà, l’agriculture urbaine à Hanoi n’est pas uniquement nourricière. Il y a également une valeur culturelle.

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2 Comments

  1. Ely says:

    J’adore ! Tres bel article

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