Cyclo-pousse et son histoire passionnante

cyclo-pousse

histoire du cyclo-pousse

Le cyclo-pousse au Vietnam est actuellement parmi les activités les plus citées sur Internet. Il fait toujours partie des incontournables, prônés par la quasi-totalité des agences et des guides lors d’une escapade à Hanoi ou Hue. Ce moyen de transport chargé d’histoire est incontestablement l’un des icônes culturels du Vietnam, surtout d’Hanoi. Dans le Vieux Quartier à Hanoi, on croise facilement des centaines de cyclo-pousses se faufiler à travers des ruelles, notamment en haute saison (entre octobre et mars). C’est une scènce touristique très connue mais peu de gens sont au courant d’une histoire si mouvementée derrière ce transport atypique. Cet article est pour mettre en lumière son origine et sa place dans la société vietnamienne actuelle

cyclo-pousse à l'époque coloniale

Selon les archives, l’ancêtre du cyclo-pousse est le pousse-pousse. Ce dernier fut importé au Vietnam à la fin du 19ème siècle, sous la colonisation française. Le pousse-pousse à l’époque co-existait avec les autres moyens de transport comme la voiture et les boȋtes d’allumettes et était exclusivement réservé à l’élite du Vietnam. Les porteurs de pousse-pousse étaient nommés “coulis” et travaillaient dans les conditions assez difficiles. Face à ce constat, un ingénieur français a inventé un système nouveau pour soulager le poids des passagers : un mélange de pousse-pousse et de vélo. Le modèle s’appelait cyclo-pousse, devenu plus tard xích-lô en vietnamien.

cyclo-pousse avec colon francais

Ce nouveau moyen de transport avait un fort succès et devenait rapidement le numéro un dans les villes comme Hanoi, Saigon et Phnom Penh.  A la veille de la Deuxième Guerre Mondiale, les clients du cyclo-pousse étaient alors soit les colons français soit les bourgeois vietnamiens soit les mandarins de haut niveau.

cyclo pousse époque société de subvention

La Guerre d’Indochine a complètement changé le rôle du cyclo-pousse. Quand le gouvernement communiste vietnamien est monté au pouvoir en 1945, le pousse-pousse, considéré comme symbole du colonialisme et de l’esclavage, était interdit. Du coup, c’est le cyclo-pousse qui prenait le relais et jouait un rôle très important pour le Vietnam pendant les deux guerres (Guerre d’Indochine et Guerre américaine). Un véritable couteau suisse, on croisait le cyclo-pousse dans toutes les tâches : transporter des mutilés de guerre à l’hôpital, emmener les citadins à l’abri des bombes, recharger du matériel de guerre, transporter les munitions, ….Bref sa capacité de chargement extraordinaire (jusqu’à 200kg) a beaucoup contribué à la défense nationale. Donc on peut dire que l’image du cyclo-pousse a changé radicalement : du symbole colonial au symbole de la résistance du peuple vietnamien contre les envahisseurs.

cyclo-pousse à l'ère de modernité

A l’issue des deux guerres, le Vietnam est entré dans une autre période très sombre : la société de subvention (1975 – 1986). L’isolement diplomatique, l’embargo américain puis la guerre contre les Khmers Rouges et la Chine ont ruiné l’économie du pays. Pour cette fois-ci, le cyclo-pousse était le taxi ou la camionnette dans les grandes villes. C’était un véritable symbole de la masse car ce véhicule, jadis réservé à l’élite, est devenu un moyen de transport pas cher et pratique pour les familles vietnamiennes de base. Malheureusement son apogée n’a pas duré long temps car la levée de l’embargo américain en 1994 a graduellement mis fin à son service. L’ouverture économique du Vietnam a encouragé les Vietnamiens d’acheter les mobylettes au prix abordable. Et voilà la cause du déclin inexorable du cyclo-pousse.

cyclo pousse dans le vieux quartier d'Hanoi

Et quand les Vietnamiens boudent le cyclo-pousse, ce sont les touristes qui prennent le relais! Le développement du tourisme au Vietnam a contribué en partie à la survie de ce véhicule. Selon le dernier recensement effectué en 2016, il y a 388 unités immatriculées à propos touristique. Donc la fonction principale du cyclo-pousse aujourd’hui est de transporter les touristes. La plupart des conducteurs ont un profil assez homogène : l’âge moyen est autour de 60 ans donc la génération des anciens combattants, une bonne ancienneté dans le métier (autour de 30 ans), aucune reconversion professionnelle dans le cas où le cyclo-pousse est mis à la poubelle, origine de la campagne.

Au bout d’une vingtaine d’années en circulation touristique, les autorités hanoïennes se demandent si ça vaut la peine d’arrêter définitivement le cyclo-pousse. Pourquoi une telle réflexion? Il y a plusieurs débats là dessus. D’abord c’est à cause des arnaques dont les conducteurs de cyclo-pousse sont auteurs : les touristes paient parfois un prix excessif par rapport à la valeur réelle du trajet. Puis les rumeurs qui courent au sujet de l’investissement doȗteux des autorités hanoïennes (on sent la corruption là) dans la mise en place des véhicules électriques au détriment du cyclo-pousse. Et enfin une excuse débile comme quoi le cyclo-pousse est l’origine des embouteillages en ville.

Quoi qu’il arrive,  même si le cyclo-pousse ne fait plus partie du quotidien des Vietnamiens, même si c’est un peu folklorique pour les touristes, ce véhicule reste toujours un patrimoine culturel dans le coeur des Vietnamiens.

Cyclo-pousse et son histoire passionnante
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