Une alternative de randonée à Sapa, possible?

Ayant des atouts comme la diversité ethnique et les rizières en terrasse magnifiques, la ville de Sapa est devenue l’attraction touristique principale dans le Nord-Ouest du Vietnam. Mais Sapa est également victime de son propre succès. La mauvaise gestion touristique a entraȋné de nombreuses conséquences négatives sur la zone, au niveau économique et social. Jadis essentiellement réservée aux touristes étrangers, Sapa est devenue une destination de prédilection pour les touristes vietnamiens et asiatiques depuis plus de 7 ans. 
Pour répondre à la demande du marché, les constructions massives sont en train de détruire le charme de Sapa. D’abord c’est la mise en place d’un téléphérique pour monter au sommet Phanxipan en 2016, et puis c’est une série d’hébergement haut de gamme qui pousse comme les champignons. Sapa a perdu son âme, mais le plus grave encore ce sont des impacts environnementaux et sociaux qui touchent des villages ethniques situés aux alentours de la ville
Il faut savoir que la quasi totalité des promoteurs et investisseurs à Sapa ne sont pas du tout originaires du coin. Ce sont soit des étrangers soit des Vietnamiens issus de la plaine et les bénéfices entrent dans leur poche au détriment des ethnies qui sont alors majoritaires dans la région. Parmi les handicaps qui empêchent ces Hmongs ou Dzaos d’avancer, on peut citer le manque de ressources et d’éducation. 
Faute de moyens, il ne faut pas s’étonner que les jeunes enfants Hmongs sollicitent les touristes pour vendre les souvenirs souvent fabriqués en Chine.
Sapa est la plateforme pour faire de la randonnée à travers des rizières en terrasse. Ça, tout le monde le sait. Parmi les itinéraires les plus empruntés, on peut mentionner les routes Y Linh Ho – Lao Chai – Ta Van ou Suoi Ho – Ma Tra – Ta Phin. Ce sont les sentiers les plus touristiques, là où vous croiserez constamment les touristes entourés de vendeuses Hmongs et Dzaos.  Le prix bradé des packages explique davantage la venue massive des touristes vers les villages ethniques. Et pour répondre au besoin du marché, les hébergements, les bars, les salons de massage poussent au milieu des rizières et on fait de la pub pour vous faire croire que c’est authentique. Puis tous les soirs, le propriétaire vous sort l’alcool de riz et tout le monde se bourre la gueule. Et le lendemain, on est content de passer un superbe séjour “authentique” chez l’habitant. Réveillez-vous. Ne soyez pas si naïfs.
Tous les villages qui font partie de ces sentiers ont perdu une bonne partie de leur authenticité. D’abord, c’est sur le plan d’habitation. Les villages comme Ta Phin (Dzao Rouge), Lao Chai (Hmong Noir) et Ta Van (Dzay) ne sont plus 100{d3e4d5f812ce87cec8360dc7afe3782740bc9fbe69fd0d6a2b260ed1cfa46148} ethniques. L’apport du fric attire l’attention des Vietnamiens issus de l’ethnie principale et des étrangers et ils viennent s’installer carrément au sein des villages. Ils font construire des maisons certe plus confortables mais celles-ci ne ressemblent plus aux maisons traditionnelles. Ces gens sont d’office les hôtes et les voyageurs croient à tort que leur  hôtes sont issus des ethnies minoritaires. Ce sont des fake propriétaires Hmongs ou Dzaos sans que vous sachiez.  Croyez-vous que vous êtes en train de soutenir une famille Hmong en passant la nuit dans le village? Et bien, vous vous êtes trompés
Le village de Ta Van est encore plus flagrant. Ce n’est plus un village des Dzays comme il y a vingt ans. Aujourd’hui, c’est un hameau “disneylandisé”. Vous avez tout le confort : supermarché, bar, salon de massage, restaurant, hébergement. La plupart des propriétaires sont les Vietnamiens issus des provinces limitrophes (Yen Bai, Vinh Phuc, Phu Tho, etc). Nous connaissons même un type hollandais qui s’est installé ici en 2007 pour faire les affaires. Il a ouvert un bar dont le drapeau des Pays Bas s’affiche fièrement devant la porte. Pas étonnant que les jeunes routards européens y aillent pour se saoȗler la gueule.     
Chers voyageurs, si vous souhaitez vraiment découvrir un Sapa authentique, évitez les villages mentionnés. Il y a toujours des itinéraires hors des sentiers battus, là où vous êtes vraiment à la rencontre des ethnies qui ont peu de contact avec la modernité. Pour ce faire, il faudrait parfois céder à la facilité car l’hébergement chez l’habitant est encore rudimentaire. En revanche, c’est une réelle immersion dans la vie des villageois car vous prendrez le temps d’observer et de participer à leur quotidien, de partager l’alcool de riz avec eux. Besoin d’inspiration? Consultez nos séjours d’immersion
Une alternative de randonée à Sapa, possible?
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